Archive for février, 2011

Des Germaniques… à tendance Suisse !

mardi, février 22nd, 2011

Mon ami Guillaume Gleize, le Tournament Director principal du France Poker Tour, nous appelle, lui et moi, les « Germaniques« . Et oui, lorsque l’on prépare et organise un tournoi, qu’il soit de 100, 200, 500 ou 1.500 joueurs, on aime que tout soit prévu, préparé, calculé.
Carré, quoi.On n’organise pas un tournoi en jetant des jetons et des cartes sur des tables et en attendant que les joueurs fassent le boulot.

Certains font comme ça, nous non.

Il faut en effet préparer quelques « petites choses » en amont.
Et une de ces petites choses, c’est le temps que va durer le tournoi, suivant les contraintes qui nous sont imposées. On adapte donc une structure qui va tenir dans ce temps imparti.
Ensuite, grâce à de merveilleux calculs prenant en compte la structure, la typologie des joueurs, le temps qu’il fait à l’extérieur et la couleur du dos des cartes, nous sommes en mesure de prédire une fin de tournoi pour tel ou tel niveau, à plus ou moins 1. Si nos niveaux actuels sont de 30 minutes pour les satellites que nous organisons à travers la France, on peut donc se donner une heure de fin approximative, à 30 minutes près.

Mais bien sûr, cela ne m’amuse plus assez, après 5 années d’organisation de tournois de prédire avec un laps de temps aussi large. J’arrive très souvent à donner une fin au quart d’heure près, rien de miraculeux.

Alors cette année, pour le fun, je donne des pronostics avec une fourchette beaucoup plus étroite : 5 minutes !C’est donc ce que j’ai fait, Samedi, lors de la magnifique étape limousine du France Poker Tour, où 164 joueurs avaient bravé… je ne sais pas quoi, pour venir nous rejoindre dans une magnifique salle du Palais des Congrès de Limoges, qui avait dû voir comme derniers occupants les membres du Parti Communiste local, pour  une visite exceptionnelle de Georges Marchais accompagné de Nikita Kroutchev, de passage dans la région.
Ce jour-là, Danièle Gilbert avait même été détachée, à titre exceptionnel également, de la présentation de Midi Première, sur la première chaîne de l’ORTF, pour venir y tenir conférence.
Elle m’a sympathiquement laissé son micro, que j’ai pu utiliser à volonté toute la journée.danielegilbert_.jpg

Mais je m’égare, comme disent certains cheminots (lorsqu’ils travaillent), de mon idée principale : la prédiction d’une fin de tournoi comme jamais aucun Tournament Director sur la planète n’a pu en faire.

Donc, vers 16h, je discute avec mes Floors, les merveilleux Bruno Chevillotte et Arnaud Boudon (sans qui tout cela ne serait pas possible, comme on dit dans les cérémonies où l’on décerne des joulies statuettes)  ainsi que quelques autres témoins et lance un pari : « le tournoi devrait se terminer à 21h03, à + ou – 5 minutes« .
Et je l’écris sur une feuille.

Lorsque nous avons notre Table Finale composée de 9 joueurs, vers 19h30, je discute avec quelques personnes du public (des joueurs devenus spectateurs par manque de ch…. de réussite, pardon) qui me demandent si on continue jusqu’au tête-à-tête final. Non, non, bien sûr. C’est un satellite avec 4 tickets à la clef, on s’arrête donc lorsque le 5ème joueur est éliminé. Et je leur dis que j’ai prévu cela à 21h03, lol, à plus ou moins 5 minutes, et leur montre la feuille où je l’ai inscrit. Ils rient.

Il est 20h40 et ils sont encore 7.
Aïe, je pense que je vais perdre mon pari, me font remarquer mes collègues et le public, taquins.

Le 7ème joueur saute.
Le 6ème le suit quelques minutes plus tard.

…

21h03, Bruno, devenu croupier, distribue une main aux 5 joueurs restants.

Le short-stack regarde ses cartes et dit alors « Tapis« , sa voisine, une jolie asiatique revenue de 5.000 (aux blinds 4.000/8.000) pour atteindre maintenant les 450.000, dit « Payé » !
Les cartes se retournent, le short est derrière, la joueuse est largement devant.
Aucun miracle sur le board, le tournoi est terminé.

Il est 21H03.

Mieux que des Germaniques, je vous dis : des Suisses 🙂

Le Tour de France…

mercredi, février 16th, 2011

Non,  non, je ne me suis pas mis au vélo !

Même si mon collègue Thierry rêve de me voir un jour chevaucher une petite reine, je ne viens pas d’enfourcher une bicyclette pour baguenauder sur les routes de notre beau pays.

Non, je viens simplement d’entamer une nouvelle saison du France Poker Tour. C’est la sixième depuis sa création par Antoine Dorin, en 2005, et personnellement ma quatrième, depuis 2007.Certes, la première étape a déjà eu lieu la semaine dernière, mais ce n’était que « The Big Show In The City Of Lights », l’étape de lancement, le grand spectacle avec toutes les stars du Team Winamax, Patrick en tête. 1.502 joueurs, tout de même, mais bon, ce n’est pas le premier, c’est notre troisième, avec Guillaume (*), où l’on dépasse les 1.000 joueurs en une seule session.

C’est bon, là ? Ca fait suffisamment blasé ? Genre le Tournament Director qui en vu d’autres et qui n’est plus impressionné ?

Lol 😀

Bien sûr, je ne suis pas blasé d’un tel évènement et je ne suis pas près de l’être, croyez-moi 😉

 

 

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Ca fait toujours quelque chose de se lever à l’aube, le samedi matin, d’arriver dans une immense salle vide et de se dire qu’il faut se bouger un peu si on veut la voir remplie de joueurs, du bourdonnement des chip-tricks, des coups improbables, des espoirs et des déceptions, quelques heures plus tard.

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En revanche, aujourd’hui, ça y est, on rentre dans le dur. C’est parti pour le Tour de France. Les tables du France Poker Tour, inaugurées donc samedi dernier vont commencer à voyager, et nous avec.

On va les balader un peu partout.

Et nous avec.

Nouveauté cette année, on ne va pas faire comme l’année dernière, 6 étapes de 500 joueurs pour Guillaume et 6 autres étapes de 500 joueurs également, en parallèle, pour moi.

Non, il y aura des étapes de 500 joueurs pour Guillaume seulement, des 500 pour Guillaume et moi ensemble, des 200 joueurs pour moi seulement et quelques étapes en casino, dont Pierrick va se charger.

Plus d’étapes, autant de joueurs. En tout, 10 pour moi, étalées sur Février, Mars et Avril.

Avec mon autre boulot, le « vrai », qui m’amène déjà à voyager à travers la France et parfois l’Europe depuis 17 ans déjà, du lundi au vendredi. Entre 2 étapes du FPT, quoi. ;-)Je n’ose pas trop imaginer la loque que je vais devenir durant des 3 mois intenses. Ou pas.

Le corps s’adapte, j’en ai déjà fait l’expérience.

On verra.

Mais de toute façon, même si c’est dur, j’aime ça.

J’aime me décarcasser, me bouger, me lever à l’aube –et pourtant je ne suis pas matinal- pour pouvoir offrir à 200, 500 ou 1500 joueurs, le frisson d’un tournoi, d’un vrai tournoi. Même s’il est gratuit, c’est un vrai tournoi. Guillaume et moi avons toujours eu à cœur de fabriquer et de monter des tournois comme s’ils faisaient partie de circuits prestigieux comme l’European Poker Tour, les World Series ou autres.

Certes, le budget d’un freeroll ne nous permet pas d’offrir la présence de croupiers à toutes les tables. On garde le côté « amateur » où chacun deale à son tour, comme entre potes. Mais bon, vu le prix du ticket d’entrée, on oublie vite.

Mais sinon, tout le reste est là. Le matériel, certes, mais aussi des êtres humains. Des floors et un Tournament Director à l’écoute des joueurs. On est là pour vous, par pour nous.

Alors à la fin de la journée, lorsque les 200, 500 ou 1500 joueurs s’en vont, lorsque nous avons nos qualifiés, lorsque nos pieds n’existent plus à force de piétiner depuis le petit matin, que le dos est endolori des 13 ou 14 heures de présence et d’attention, et que l’on entend un « bravo pour l’orga », « merci pour ce que vous nous avez offert », alors là, on oublie toutes les douleurs lombaires ou métatarsiennes. On a peut-être mal aux pieds, mais quelques centaines de joueurs autour de nous ont pris le leur (…de pied. Suivez, s’il-vous-plaît).On sait que nous avons réussi. On a réussi à faire plaisir, à offrir ce que nous même, en tant que joueurs, on aimerait jouer comme tournoi.

Et on sait aussi que certaines grosses enseignes, payantes, chères, font moins bien 😛

Allez, c’est parti !

 

(*) Guillaume Gleize, LE Tournament Director. Celui que je devais rencontrer un jour. Celui qui a parfait mon apprentissage de direction de tournoi, déjà largement dégrossi de par mes recherches, mais finalisé par celui que je considère comme mon maître 😉